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Vitalic revient avec le premier épisode de son nouveau projet « mutant-disco » intitulé « DISSIDÆNCE »



L’Épisode 1 de DISSIDÆNCE LP, dont le titre est déjà tout un programme, est décrit par Vitalic comme un retour aux sources de son identité sonore, en forme de clin d’œil revisité à l’énergie rock de ses premiers albums.

 
L’électroclash en tant que genre est réellement né du croisement de la French touch et de l’italo house, empruntant l’allure scuzzy de l’EBM underground pour formuler son hédonisme distinct et diablement stylé. C’est un son souligné par la décadence, une sorte de maximalisme indulgent, un glamour miteux qui transgresse les frontières de la classe et du sexe au nom du bon temps. Le maestro français Vitalic est en quelque sorte synonyme du genre, mais honnêtement, les véritables moments d’électroclash de Vitalic ont été parsemés dans sa discographie autrement diversifiée, apparaissant en 2009 avec « Poison Lips » puis en 2017 avec l’excellent track « Sweet Cigarette ». Sinon, il est complètement caméléon.
 
C’est une métamorphe sonore, qui touche à tous les genres et à tous les styles, puisant dans tout ce qu’il peut trouver d’intéressant et les synthétisant pour créer une identité sonore immédiatement distincte de la débauche rétro de Miss Kittin ou de Fischerspooner. Sur l’album Rave Age de 2012, il s’agissait d’une EDM effrontée des années 2010 avec des synthétiseurs et des rythmes chaotiques, tandis que sur Voyager, c’était la nostalgie du disco rétro et de l’électro-funk. Sa fluidité inhérente au genre et la sorte d’attitude punk avec laquelle il exécute sa vision est probablement ce qui lie le plus Vitalic à l’électroclash ; il correspond à la description non pas tant dans le son, mais dans la théorie.
 
C’est aussi probablement la raison pour laquelle personne n’a été surpris par la description de son dernier projet, DISSIDÆNCE, qui promettait une « disco électro-mutante » fusionnée avec de la techno et de l’acid-house. Divisé en deux « épisodes », DISSIDÆNCE est en quelque sorte un retour à la forme pour le producteur, une réintroduction de l’esprit punk electroclash dans une musique qui est, selon ses propres termes, « agressive mais toujours sexy ».



L’épisode 1, sorti sur le label Clivage de Vitalic, marque le début du voyage dans le monde de DISSIDÆNCE avec huit morceaux, dont quelques monstres EBM-cum-techno destinés à rendre fous les hordes de jeunes des clubs. Le récent single Haute Definition ouvre l’album avec une impulsion électro-disco. Tout n’est que synthétiseurs brillants et métalliques, samples de vocodeurs grinçants et breakdown avec une mélodie qui tient à la fois de Waiting For The Stars et de Poison Lips. A partir de là, les choses plongent dans les catacombes. « Rave Against The System » est le morceau le plus techno qu’il n’ait jamais produit, avec un rythme régulier en 4/4 et un brouillage de machines qui se transforme en une folie acide bourdonnante, avec des synthés qui s’écrasent et un quatre sur le sol. Pourtant, tout en s’inspirant de l’austérité brutale de la hard techno et du martelage mécanique de l’EBM de base, ce premier acte maintient le maximalisme typique de Vitalic qui vise la jugulaire à tout moment.
 
Les morceaux sont détaillés, réglés avec précision et pleins de texture, conçus pour être encapsulés et gargantuesques même dans les moments les plus calmes. L’introduction de « Lost Time », par exemple, comporte trois accords en boucle qui sont modulés et distordus pour créer des moments de détails dynamiques. Ils évoluent vers des rythmes de basse déchiquetés et ravissants, tandis que des couches infinies de sons distordus et indistincts se superposent d’une manière qui fait écho à l’oscillation glissante du temps lui-même.
 
Jusqu’à ce point, l’épisode 1 de DISSIDÆNCE est une expérience propulsive et tonitruante, présentant la musique la plus dure que Vitalic ait jamais créée. C’est pourquoi il est presque frustrant de le voir revenir en terrain connu à mi-chemin. Danse avec moi est un morceau disco au synthétiseur que l’on pourrait prendre pour des restes de Voyager, suivi de Cosmic Renegade qui, bien qu’étant le morceau le plus long de l’album, ne va nulle part de façon particulièrement intéressante. Ce n’est pas que ces morceaux ne soient pas brillamment réalisés. C’est plutôt qu’après l’assaut de la première moitié de l’album, ils risquent de paraître un peu banals, trop facilement transférables à d’autres parties de la discographie de Vitalic pour porter l’énergie distincte mise en place par le début jusqu’à la fin. Les deux premiers singles de l’Episode 1 sont parmi les moments les plus faibles de l’album. La progression vocale hachée de 14 AM semble remarquablement moins cathartique après Cosmic Renegade, tandis que l’électro-macabre de Carbonized a moins de sens qu’avant, étant donné qu’il s’agit du dernier morceau de l’Episode 1.
 
Ce qui rend l’électroclash si décadent, c’est en partie sa sensibilité louche, à la limite du camp, tout en conservant un air distant et à la mode. On peut en dire autant du travail de Vitalic, et si DISSIDÆNCE Episode 1 n’est pas un album parfait, il faut considérer qu’il n’est que la moitié du tout. Vitalic lui-même a mentionné que l’Episode 2 sera significativement plus « dur » que l’Episode 1. En considérant cela, peut-être que l’Episode 1 se termine au début de la prochaine phase de DISSIDÆNCE. Si l’épisode 1 fait le tour des passés de Vitalic et nous donne des indices alléchants sur son futur, alors les espoirs pour l’épisode 2 reposent sur une adhésion totale à cette énergie punk-rock, « mutant-disco » électroclash qu’il semble avoir redécouvert.




 
Article original via theplayground.co.uk
 
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