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Découvrez WODJ MAG : le site qui parle des femmes DJs

Un nouveau site web electro est naît. Encore un. Et ce site, s’appelle WODJ MAG. C’est un webzine qui traite exclusivement des femmes DJs. WODJ MAG est guidé par cette furieuse envie de mettre en avant les talents féminins reconnus, et espoirs de la scène électronique mondiale, en partageant leur trajectoire et leurs productions.

 

Image mise en avant : illustration de Peggy GOU à partir de la photo de © Jungwook Mok

Le mouvement electro a évolué, c’est un fait. De ses balbutiements, débuts des années 90, jusqu’à l’époque que nous vivons actuellement, 2018, où les DJs sont devenus de véritables rockstars, les artistes féminins ont toujours agi et contribué à faire nettement évoluer ce mouvement tant sur le plan artistique que sur la tolérance et l’ouverture d’esprit du public, en organisant des rencontres et évènements autour des musiques électroniques. Talentueuses, entrepreneuses et engagées, de nombreuses femmes DJs reconnues à travers le monde ont ainsi apporté leur soutien pour des causes culturelles et sociales.
Égalité des genres, représentation des minorités, élévation des consciences, grâce à leur notoriété acquise par leur musique et leurs efforts, les femmes DJs sont et resteront des artistes animées par l’envie profonde de faire progresser les choses. C’est dans cette optique que WODJ MAG met en lumière toutes ces femmes DJs.

Les femmes dans la musique electro

Des DJs telles que la munichoise Monika Kruse, la berlinoise Ellen Allien ou encore l’autrichienne Electric Indigo, sont des pionnières dans le mouvement electro. Ces artistes, ont marqué les débuts de cette culture underground, Outre-Rhin. Organisatrices de raves et DJs, dès le début des années 90’s, elles sont maintenant des personnalités artistiques mondialement reconnues, et patronnes de labels influents dans l’industrie des musiques électro. Notons que Monika Kruse est une activiste. Avec son association “No Backspin”, qu’elle a fondé en 2000, elle vient en aide aux victimes du racisme, de l’homophobie, de l’antisémitisme et des attaques anti-immigrés. De même, Electric Indigo a cofondé, dès 1998, Female:pressure, un réseau international d’artistes féminins, transgenres et non binaires dans les domaines de la musique électronique et des arts numériques. Un réseau actif depuis maintenant 20 ans. Enfin, pour évoquer Ellen Allien, la boss de B-Pitch Control, elle fait partie des DJs les plus appréciés de la communauté LGBT. Son label et ses artistes organisent de nombreuses soirées et évènements dans le milieu. C’est trois exemples représentées par ces trois femmes en Allemagne insufflent, depuis de nombreuses années, une vague de tolérance et de liberté.

Aux Etats-Unis, Marea Stamper alias The Black Madonna, est une artiste mondialement acclamée pour ses sets Disco House, d’une intensité remarquable. Elle a été élue “DJ of the Year” par le magazine Mixmag en 2016. Actuellement basée à Londres, elle a commencé sa carrière en tant que programmeuse au Smartbar à Chicago. Puis elle fût l’une des premières femmes DJs à représenter et à agir en faveur les groupes marginalisés, très présents dans la musique électronique. LGBT friendly et organisatrice des fêtes queers les plus prisées des Etats-Unis, Stamper est un exemple parmi ces DJs activistes, des plus influents de sa génération. Dans la même veine que la “Madonne” Honey Dijon, DJ trans et icône de la mode, a quant à elle, toujours revendiqué sa personnalité transgenre. Elle s’est élevée au sein de la communauté comme une fervente activiste sur le sujet de la transidentité, en ne cessant jamais de représenter, au plus haut, sa position par la musique et ses nombreuses actions.



Une vidéo réalisée pour l’émission de Pete Tong sur BBC Radio, met en avant Marea Stamper et ses consoeurs dans le combat qu’elles mènent au quotidien en tant que DJs et activistes = Voir la vidéo

En France, à l’époque faste du Pulp, sur les grands boulevards à Paris, l’icône SEXTOY et Jennifer Cardini, formaient le duo Pussy Killers, à la fin des années 90. En se produisant dans les clubs de provinces, elles posaient un visage féminins et LGBT, sur ce que les gens appelaient electro. Une approche artistique et socio-culturelle, qui a cette époque, ou le mouvement techno était encore marginalisé et attribué aux personnes non conformes aux règles dictées par la société, pouvaient faire réfléchir. Les gays, les lesbiennes, les trans, les artistes non conventionnels, toutes ces entités en minorités étaient soutenus et représentées par des DJs de la scène underground.

Aujourd’hui, les réseaux et organisations sont bien mieux structurés. Les associations militent pour diverses causes qui sont sociales, culturelles et artistiques. Fortes de leurs années d’expériences et de l’évolution des mentalités, ces dernières organisent des discussions, rencontres et ateliers dans leurs locaux ou en festival, pour sensibiliser le public et les fans, à leurs actions. Ces démarches viennent remplacer les valeurs que prône le mouvement electro : respect, tolérance et amour.

Electro et activisme, les femmes s’organisent

C’est en Allemagne, à Berlin, que des réseaux importants de femmes, DJs et artistes, se sont constitués. L’un des plus populaires Female:pressure, cofondé par Electric Indigo et Acid Maria. Ce réseau est international et soutient uniquement des artistes féminins, transgenres et non binaires dans les domaines de la musique électronique et des arts numériques.

logo female:pressure

Nous pouvons également mettre en avant le concept Mint, à Berlin, qui est un réseau pour les femmes et les transgenres dans la house et la musique techno. Cofondé en 2013 par Zoé Rash et Ena Lind, ce réseau propose un service d’agence de booking de DJs, des soirées, ainsi que des ateliers de djing. Des artistestelles que La Fraîcheur, Dasco Cohen, Daniela La Luz, Lauren Flax, Paramida, Soumaya, Ida Daugaard, La Fleur, Joie Iacono, Soumaya Phéline, Diana Rada, Johanna Knutsson, Lady Blacktronika, Perel, Aerea Negrot, Kate Miller, Hara Katsiki, Eluize, Borusiade, Electric Indigo, Mieko Suzuki, resom, Paramida ont rejoint Mint et ont fait vivre le concept qui s’est stoppé en 2016. Aujourd’hui Mint reste en activité en tant qu’agence de booking.

De gauche à droite : Zoé Rash, Denise Bauer, Adas Cohen aka DASCO, Lauren Flax, Ena Lind, Lady Blacktronica, La Fraicheur, Soumaya Phéline, Daniela La Luz




A Londres, berceau des cultures avant-gardistes, SIREN, un crew de DJ féminin, est né. La raison de vivre de ce crew vient asseoir une frustration de voir des lineups essentiellement composé d’artistes masculin. Ce collectif, formé en 2016, composé de DJ, VJ, écrivains et artistes, a pour objectif de créer un espace immersif et sécurisé pour ceux qui sont sous-représentés dans l’EDM. Ce collectif féminin est très actif.  Les membres communique via la publication d’un fanzine,  le web, la radio  les RP, en organisant des soirées de lancement. De plus, SIREN propose son agence de booking pour son crew de femmes DJs.

Future female sounds

logo Future Female Sounds

En Scandinavie, les organisations féminines sont aussi bien présentes. L’organisation Future Female Sounds, fait partie des actives. Basée à Copenhague, au Danemark, Future Female Sounds, est une organisation à but non lucratif et une agence de booking réservées aux femmes et non binaires, qui responsabilise les jeunes femmes par le son et l’action. Future Female Sounds organise des ateliers de DJ, des évènements et des tables rondes pour échanger. L’organisation fonctionne également comme un incubateur qui promeut les jeunes talents musicaux féminins danois.

Outre-Atlantique, Discwoman, fondé par Frankie Decaiza Hutchinson, Emma Burgess-Olson et Christine McCharen-Tran, est un collectif d’artistes et de promoteurs de clubs féminin, basé à New York, qui s’est donné pour mission de promouvoir les talents identifiés par des femmes dans l’underground électronique américain. Créé en 2014, comme festival de deux jours, Discwoman est devenue une véritable organisation, et a, depuis, produit et organisé des événements dans plus de 15 villes des Etats-Unis et hors du pays.

Ces exemples nous font comprendre que les DJs femmes unissent pour écrire leur histoire, en offrant l’opportunité aux femmes de s’exprimer par la musique. Et de mettre en oeuvre des moyens d’expression artistique, d’indépendance et de professionnalisation par le biais d’ateliers de DJ, de cours et d’ateliers, d’événements et de réservations. Ces actions sont menées de façon à créer un réseau organisé et viable, qui permet d’élever leurs voix, et ainsi aider les minorités à se faire entendre dans de le milieu de l’EDM.

Parité homme-femme, quel constat ?

Le djing a souvent été, et reste, pour certains esprits, une affaire de masculinité, car tout simplement, la majorité des DJs qui mixent, sont des hommes. Simple comme équation, n’est-ce pas ?

Le collectif Female:Pressure dressé le constat en 2015. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Nous remarquons que les hommes représentent toujours la majorité. Le premier diagramme circulaire montre que les DJs qui mixent dans les clubs sont à 88,9% des hommes contre 9,6% de femmes. Par exemple, pour 4 femmes DJs programmés au Berghain, 51 DJs masculins sont bookés (source: female:pressure). Sur le second diagramme, les labels qui ne produisent uniquement des artistes masculins représentent plus de la moitié avec 67,2%, les femmes se partagent 18% et les 14,8% représentent l’équilibre de mixité dans le label. C’est le label B-pitch qui inverse la courbe en présentant 5 femmes artistes pour 4 hommes signés soit une moyenne mixe égale.

female:pressure

Source : female:pressure facts – report 03 -2015



Les choses changent…

Aujourd’hui les règles du jeu ont changé, et les DJs femmes sont de plus en plus nombreuses à aborder la musique, et en faire une activité à plein temps. Des labels reconnus sont dirigés par des femmes tels que l’un des labels des plus connus d’IDM (=Intelligence Dance Music), B-pitch Control, mené par la berlinoise Ellen Allien, Terminal M fondé par Monika Kruse, Brouqade Records dirigé par Dana Ruh ou encore Trip de Nina Kraviz et le label Lensk, créée par la DJ belge Amélie Lens…
Actuellement, nombreuses sont les soirées et évènements qui sont programmés avec des DJs féminins en tête d’affiche. Nous pensons à des pointures comme la DJ, évoquée plus haut citée plus haut, Nina Kraviz, Maya Jane Coles, ou encore la nouvelle génération avec Amélie Lens, Charlotte de Witte et la sud-coréenne, Peggy Gou, qui proposent un style novateur qui touche un public plus large. L’electro a évolué tant dans ses artistes que dans styles musicaux. D’une manière générale, les musiques ont évolué et les organisations d’évènements se sont multipliées et cette nouvelle dimension a permis de révéler de nouvelles personnalités artistiques dont des femmes DJs et productrices. Prenons l’exemple de la DJ irlandaise, Or:la. Cette artiste fait partie de cette nouvelle vague de DJs qui s’est faite reconnaître en 2016 avec son style unique. De sa manière non-conventionnelle d’aborder la musique house et son état d’esprit. Or:la avait annoncé dans Mixmag, qu’elle “ne souhaitait jamais imposer son style et sa musique, à qui que ce soit”. Une attitude qui a su séduire son public et sa communauté de fan. L’artiste est bookée dans le monde entier, et continue de toucher de nouveaux fans.

Illustration WODJ MAG – artiste : Maya Jane Coles

 

WODJ MAG supporte les femmes DJs

Qu’on vous le dise de suite, WODJ MAG n’est pas dans une logique de “women empowerment” et de féminisme, car le concept principal de ce site n’en est pas là. WODJ MAG a pour but de faire découvrir des artistes, des trajectoires et des productions de qualité. WODJ MAG recherche à mettre en lumière les trajectoires des artistes féminins qui produisent et qui font progresser le mouvement. Le site veut s’adresser à un maximum de passionnés et de curieux dans l’univers du son. Les femmes prennent le pouvoir, par leur talent et les actions qu’elles mènent, et non pas par le simple fait d’être uniquement une femme.


Etre DJ à cette époque

En évoquant uniquement la fonction de DJ, nous sous-estimons vraiment tout le travail qu’il y a derrière cette activité. Etre DJ demande du temps, cela comprend les voyages, les rencontres, à enchaîner de 3 à 4 gigs dans un même week-end, et s’entretenir pour éviter les dépressions et burn-out. Ka vie de DJ est intense.

Pour nombre de femmes qui bossent dans le milieu, elles ne sont pas uniquement DJs. Elles sont aussi productrices, boss de label(s) et agent, organisatrice de soirée et, ou animatrice radio. Un exemple des plus probants est celui de la productrice berlinoise Cinthie. Outre sa fonction de DJ, qui lui prend plus de la moitié de son temps à voyager, elle est boss de 5 labels house réputés en Allemagne dont Beste Modus / Beste freunde, productrice proactive de musique house, Unison Wax, We_r House, et 803 Crystal Groove, son nouveau label. Elle gère aussi Elevate, le vinyl-shop qui centralise tous ses labels et fait de la vente directe. Elle est aussi animatrice radio et gère un studio d’enregistrement. Tout cela pour expliquer que limiter les DJs, à l’unique fonction de DJs, c’est parfois occulter toutes les vraies activités que ce “métier-passion” englobe.

La musique passe avant les genres

Quelques soient les raisons de parler des femmes DJs, du moment que l’on mette, prioritairement en avant, leurs talents artistiques. Le style de musique que les DJs jouent et produisent, est la première motivation pour WODJ MAG. En effet, il y a temps à découvrir, tant les artistes sont nombreux à produire et poster leur dernières productions sur les plateformes de streaming ou sur leur page d’artistes, sur Facebook ou Resident Advisor.

Toutes les générations, que ce soit la génération “old school” ou celle de la nouvelle génération décomplexée, elles ont commencé à mixer de la musique electro par passion. La musique est un média puissant pour partager et donner du plaisir et aussi pour communiquer des idées . Jouer de la musique en tant que DJ est celle de partager son univers, faire découvrir des artistes et vivre une vie hors norme. C’est un choix. L’electro est un genre de musique encore trop particuliers, qui est resté pendant plus de deux décennies marginalisé mais qui commence à se structurer grâce aux femmes et aux hommes passionnés qui font bouger les choses à tous les niveaux.

Vous l’aurez compris, chaque artiste a sa musique. Chaque artiste a ses actions. Chaque artiste est différent-e. Donc un DJ est soit une femme, soit un homme, soit un trans. Et WODJ Mag a fait le choix de parler des femmes qui ne cessent de nous impressionner en nous offrant de nouveaux horizons et redéfinissant les limites de l’EDM.

Visiter le site officiel: WODJ MAG – Women DJs Magazine



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